Chroniques

Chronique · XVIIe – XIXe siècle

Les Khassonké

Langue, origines, royaumes et société d'une ethnie du Haut-Sénégal

Texte encyclopédique

Les Khassonké
« Enfants de Samballa » — fonds de la Bibliothèque nationale de France.

Une langue mandé au cœur du Sahel

Les Khassonké parlent une langue mandé issue du malinké. Ils sont surtout présents dans l'actuel Mali et un peu au Sénégal voisin. Ils se sont installés en particulier dans les Kayes, sur les deux rives du bas Sénégal où vivaient initialement des Soninké, pays qui est devenu ensuite le Khasso.

Des Malinké s'y sont donc établis et plus tard sont arrivés des Peuls : il y eut métissage entre ces deux peuples. Les Peuls se sont sédentarisés et ont adopté la culture et la langue des Malinké. Certaines familles se disent encore Malinké ou Peul plutôt que Khassonké ; mais la communauté entre des Malinké et des Peuls, avec aussi quelques Soninké et des Maures, est ce qui a créé l'ethnie khassonké, devenue distincte des autres Malinké.

La révolte peule et la dynastie Bambéra

Les Peuls toutefois se sont révoltés au XVIIe siècle pour ne plus subir la dure domination des Malinké. Ce sont donc les Peuls victorieux dans ce conflit qui ont créé la dynastie Bambéra du Khasso. La politique de ce pays devint plutôt guerrière et fut effectivement dominée par des Peuls, mais la culture khassonké est restée essentiellement mandingue.

Par la suite, la convivialité devint meilleure parmi les Khassonké qui ne formèrent plus qu'une seule ethnie. Au XIXe siècle ils ont créé plusieurs petits royaumes dont le seul possédant une certaine importance fut le Dembaya. Les guerres contre l'empire d'El Hadj Omar et contre les Bambara du Kaarta ont poussé les Khassonké à rechercher l'alliance des colonialistes français.

Vie économique et culturelle

Ils sont agriculteurs. On en dénombre environ 900 000 actuellement, presqu'entièrement au Mali. Leur folklore est varié et leurs instruments de musique sont nombreux.

Religion et organisation sociale

Ils sont musulmans et ont presque abandonné leurs croyances animistes, encore présentes dans quelques fêtes. L'organisation sociale ressemble toujours à celle des Mandingues : des nobles cavaliers, des hommes libres, des artisans dans des castes — les forgerons, les cordonniers, les griots… La classe des captifs a tendance à disparaître aujourd'hui. Le Khasso possédait en fait de nombreux esclaves et fut autrefois un important fournisseur à la traite négrière européenne.

Personnes de l'arbre citées

Sources et références

  • Texte fourni par la famille Dembaya.